Origine du nom Lyon

Le mot Lyon vient du nom celtique Lugdunum. Le mot Dunum représente la colline (la ville de Lyon a été fondée sur les hauteurs de la colline de Fourvière) et le mot Lug représente la lumière du soleil se reflétant sur cette colline. Le mot Lugdunum signifie donc La colline de lumière.

Le passage Lugdunum à Lyon s’est fait progressivement au fil de siècle : Lugdunum est devenu d’abord Lugdon puis Luon et enfin Lyon depuis le XIII° siècle.

Lugdunum, lion, Lyon

Selon l’historien grec Dion Cassius, c’est le Sénat de Rome qui, pour occuper Munatius Plancus, alors gouverneur de la Gaule chevelue, et Lépide, gouverneur de la Transalpine, et éviter qu’ils ne prennent le parti d’Antoine, leur donna ordre de fonder une colonie pour ceux qui avaient été autrefois chassés de Vienne parles Allobroges et s’étaient établis entre le Rhône et la Saône, à l’endroit où ces fleuves mêlaient leurs eaux. C’est ainsi qu’ ils fondèrent Lougoudounon – selon l’ancienne dénomination –Lugdunum, comme on dit aujourd’hui…

Amable Audin date la fondation de la colonie au 9 octobre 43 av. JC, mais André Pelletier la situe entre juillet et novembre 43, pendant la guerre de Modène opposant Octave à Antoine.

Au fil des siècles, le nom de Lugdunum glisse progressivement vers Lyon : il devient Lugduum, puis par la formation d’un yod à partir du groupe UG, il devient Lyduum, puis Lyuum. UM se transforme en ON, ce qui donne Lyon au XIIIe siècle, période décisive de l’histoire de Lyon.

Le XIIIe siècle [1180-1320] marque l’ouverture de la ville dont l’acte initiateur est la construction, peu avant 1190, du premier pont sur le Rhône, pont qui a joué un rôle déterminant dans le développement de Lyon. Temporellement, le pouvoir de l’Eglise de Lyon est énorme. Il s’exerce sur le comté de Lyonnais. L’archevêque et les chanoines-comtes gouvernent ensemble la principauté, sans rivaux parmi les familles nobles… L’emprise économique se traduit par les redevances foncières, les amendes et les tailles levées sur les tenanciers et les justiciables, les taxes perçues sur les marchés et les foires, les droits dus pour l’usage des fours, des moulins et des pressoirs. En dehors du comté, les seigneuries ecclésiastiques possèdent aussi des propriétés dans une vaste région débordant sur la Dombes, le Bas-Dauphiné et le Forez… Peu à peu, face à l’archevêque et aux chanoines, se dressa une nouvelle aristocratie, laïque cette fois, constituée parquelques dizaines de familles bourgeoises dont les revenus provenaient d’activités commerciales : drapiers, pelletiers ; ou juridiques : hommes de loi. Tous pratiquaient la banque et possédaient une ou plusieurs maisons autour de Saint-Paul ou de Saint-Nizier.

Le premier conflit éclata en 1208. Il fut réprimé sévèrement par l’archevêque Renaud de Forez. Le conflit reprit en 1267, à la suite de l’arrestation, à la demande des chanoines, de bourgeois lyonnais. Il se prolongea jusqu’en 1320 dans un jeu très compliqué d’influences où les adversaires prirent l’avantage chacun à leur tour. Enfin, en 1320, l’archevêque concédait aux bourgeois une charge de franchise dite la Sapaudine, instituant le Consulat. Une partie de l’administration de la ville revenait à douze consuls élus pour un an par les maîtres des métiers. Relevaient désormais du Consulat une part de la fiscalité, la réglementation de la vie économique, le maintien de l’ordre, l’entretien des fortifications, l’aménagement urbain et l’assistance.

C’est également en 1320 que le lion devient emblème de la ville, qu’il s’agisse de celui de la ville romaine ou des comtes du Forez ou que le nom de la ville ait servi d’armes parlantes

Origine de la rue du Président Carnot

Le 24 juin 1894, le Président de la République Sadi Carnot est à Lyon où il est venu visiter l’Exposition Universelle.

En compagnie du maire de Lyon, le docteur Gailleton, et des généraux Voisin et Borjus, Sadi Carnot se rend dans un landau découvert au Grand-Théâtre pour assister à une représentation d’Andromaque. De la Bourse au Grand-Théâtre, les trottoirs sont noirs de monde.

La ville, écrit le romancier Henri Béraud dans ses souvenirs, était illuminé au moyen de godets pleins de suifs. Soudain, un jeune homme vêtu de gris fend la foule et plante un poignard dans la poitrine du président avant de s’enfuir. Comprenant très rapidement la gravité de la blessure, le docteur Gailleton détourne le landau présidentiel vers la préfecture. Atteint à la veine porte et au foie, Sadi Carnot, né à Limoges le 11 août 1837, élu président de la République le 3 décembre 1887 à la suite de la démission de Jules Grévy, décède à 0h 30, le 25 juin 1894, après une opération de la dernière chance pratiquée sans anesthésie à l’intérieur de la Préfecture.

L’assassin est un jeune anarchiste italien de vingt quatre ans,Santo Jeronimo Caserio, venu de Sète. Il affirme avoir agi seul.

Fils d’un batelier, Caserio est né en Lombardie. Devenu apprenti boulanger, il se convertit à l’anarchisme à une période où le terrorisme anarchiste italien connaît son apogée. Ses activités politiques lui valent une condamnation puis l’exil. Il exerce son métier à Lyon, à Vienne et à Sète. C’est dans cette dernière ville qu’il a l’idée d’accomplir « un grand exploit ». Le 23 juin 1894, il prend le train pour Lyon. Le 24 juin Caserio porte un coup de poignard au président de la République, Sadi Carnot.

Le lendemain, la veuve de Sadi Carnot reçoit une photographie deRavachol (Militant et terroriste anarchiste guillotiné le 11 juillet 1892), expédiée par Caserio, avec ces simples mots : « Il est bien vengé. »

La mort de Sadi Carnot engendra une immense émotion dans tout le pays et fit la «une» de tous les suppléments illustrés. Cela donna lieu à un commerce important de portraits, reproductions, biographies, statuettes, médailles et biographies du président défunt.

La nuit fut terrible pour les compatriotes de Caserio. Il avait dit sans hésiter son nom, son pays. Cela s’était vite répandu. Les autorités n’eurent ni le temps, ni le moyen de contenir une populace ivre de cris, de colère et d’alcool, qui sans retard saccageait et pillait les cafés italiens, les plus beaux de la ville. Après quoi, cette foule cherchait partout de malheureux ouvriers qui ne demandaient qu’à être espagnols, raconte encore Henri Béraud dans ses souvenirs d’enfance.

Après une instruction rondement menée en vingt-deux jours, le 3 août 1894, Caserio est condamné à mort. Il accueille sa condamnation en criant : « Vive la Révolution Sociale ». Casimir Perrier, le nouveau président ayant refusé son recours en grâce,Caserio est guillotiné à l’aube du 16 août 1894, à l’angle de la rue Smith et du cours Suchet, devant l’ancienne prison Saint-Paul.

Pour perpétuer le souvenir de cet événement, Lyon possède donc une rue du Président Carnot, qui traverse le quartier Grolée dans le deuxième arrondissement, à ne pas confondre avec la place Carnot, dédiée elle à son grand père Lazare (1753-1823), dit «le Grand Carnot».

Tous deux reposent au Panthéon.